Gestion de la peur au quotidien

Dès lors que le diagnostic d'un cancer est posé, la peur fait partie de notre vie. Il faut apprendre à vivre avec, et surtout, apprendre à la dépasser. Parce que sinon, ce n'est pas vivable... C'est d'autant plus délétère que la production de cortisol augmente dans notre corps et que cela ne va pas l'aider à guérir. Je me suis donc rendue compte très vite qu'il allait falloir que je la maîtrise et j'ai donc beaucoup travaillé dessus. Aujourd'hui, je suis majoritairement sereine (à 80% on va dire) et je vous explique comment j'ai mes dépasser toutes ces peurs. Au pluriel. Oui parce qu'il y en a plusieurs et que mes stratégies ne sont donc pas toutes les mêmes...




La peur du futur

Forcément, la première peur à laquelle on est confronté, c'est la peur du futur. On se rend compte qu'il échappe à notre contrôle, à notre plan bien tracé, et c'est la panique si j'ose dire!


Le premier refuge que j'ai trouvé a été de vivre dans le présent. Cela paraît simple, mais c'est très difficile à faire en fait. Les livres de développement personnel m'ont beaucoup aidée dans cette voie ( https://www.lyrides.fr/post/le-pouvoir-du-moment-pr%C3%A9sent-d-eckart-tolle-mon-avis-et-ce-qu-il-m-a-inspir%C3%A9 ). Mais j'ai appris à apprécier chaque moment et la vie a encore plus de saveurs désormais. Même les crises de mon fils me semblent plus douces car je mesure tout simplement la chance d'être à ses côtés. Je sais que ça fait cul-cul-la praline, mais poser un autre regard sur le monde change tout.


Ce qui a été dur pour moi aussi, c'était l'incapacité à me projeter, à prévoir quoi que ce soit, car on ne sait pas si on va être d'attaque après une chimio, ou on est dans l'attente d'un résultat, ou encore on ne connaît pas encore sa date d'opération, ou les dates de son futur protocole. Cela va sembler contradictoire, mais ma solution a été de continuer à prévoir des choses. Il suffisait juste d'accepter et de faire preuve de flexibilité: on prévoit une sortie, et si je peux , je participe et sinon, tant pis. Ce n'est que partie remise. On prévoit des dates de vacances, je commence à chercher des hébergements, et on valide quand c'est bon. Oui, c'est plus cher, mais c'est le jeu. On se rattrapera la prochaine fois!


Enfin, j'ai collé le plus que je pouvais à ma routine quotidienne d'avant. Bien sûr que les semaines de chimio, tout est bouleversé. Mais le reste du temps ressemble le plus possible à ma vie d'avant: je me lève à la même heure qu'avant, la routine avec mon fils est la même qu'avant, matin et soir, je continue à faire mon sport au même rythme qu'avant. En ce qui concerne les semaines de chimio, j'ai fini par développer une routine également, différente, mais routine quand même. Et tout ça, c'est rassurant. Ce cadre me permet de conserver des repères. Je pense que cela a énormément aidé notre fils à s'adapter à cette maladie parce que cela lui a donné des repères à lui aussi.


Le stress de la veille des chimios

Toutes les cures sont différentes, mais dès qu'on en a eu une mauvaise, l'appréhension ne nous lâche plus. Cette catégorie rejoint les peurs qui nous assaillent au moment du coucher. Vous savez quand on est dans le noir et qu'on se met à cogiter! A ce moment, le tableau paraît toujours plus sombre en! J'étais déjà très sujette aux insomnies de base (vive les réflexions, utiles ou non - mais les pingouins ont-ils des genoux? - juste avant de trouver le sommeil...ou pas dans mon cas!), mais je peux vous dire que je dors désormais très bien.


Encore une fois, j'ai travaillé dessus. J'ai mes petites habitudes qui s'apparentent assez à de la méditation. Déjà, je commence par envoyer le message à mon cerveau que je vais dormir. Bah oui, faudrait peut-être le prévenir quand même! Ensuite, je me visualise en train de mettre toutes mes vilaines pensées dans une boîte, puis je me répète mon petit mantra de phrases positives à l'intention de mes cellules. Et enfin, je me concentre sur les sensations de mon corps (le moelleux de l'oreiller, mes fourmillements aux pieds, ahah!) ou les bruits que j'entends. Et je finis par m'endormir assez vite.


Bon, les veilles de chimio, je triche un peu car j'ai droit à un petit Lexomil pour m'aider à me détendre. Peut-être que je pourrais m'en passer, cela dit. Mais comme ce médicament a également une vertu anti-nausée, je préfère continuer à en prendre.




Les examens de contrôle

Ah la fameuse "scanxiety" ou peur des scanners... Je mets également la prise de sang des marqueurs cancéreux dans le même panier! Ce moment des examens de contrôle pour voir où ça en est, il est bien terrifiant! Les doutes nous assaillent et le coeur se met à battre. Pour moi ,ce signe physiologique est une bénédiction car il m'indique que je dois me détendre. Alors, je choisis de rayonner. J'imagine une boule d'énergie positive à l'intérieur de mon corps (qui vire toutes les cellules cancéreuses de surcroît!), ainsi qu'une lumière qui irradie. Et je me concentre sur cette énergie, je ne pense qu'à ça. De plus, j'ai la chance d'avoir une fenêtre dans la salle de scanner. Alors, je contemple les arbres, la nature, et j'essaye de me connecter à leur énergie. Je sais que tout ça sonne infiniment perché, mais vraiment, cela m'aide beaucoup. Peut-être que cela élève ma fréquence, comme on dit...


Plus terre à terre, en ce qui concerne les scanners (tiens, ça rime!), je demande toujours à voir un docteur. Bien sûr, les radiologues ne sont pas habilités à interpréter les résultats, mais cela me permet d'avoir une tendance avant le rendez-vous avec l'oncologue. Je trouve que ça m'aide à me mettre en condition justement et cela me prépare psychologiquement.


Le rendez-vous de suivi avec l'oncologue

Vous savez, celui qui est déterminant et qui nous indique la suite de notre protocole ou de notre parcours. Celui qui nous tétanise puisqu'il nous indique à quelle sauce on va être mangé. Et bien, les jours (les minutes) qui précèdent, je le visualise dans me tête et je m'imagine le meilleur. C'est vrai qu'il peut être source de déception si les résultats ne vont pas dans le même sens. Mais encore une fois, je crois que cela aide justement le corps et les cellules à s'aligner. Pourtant, j'étais une vraie cynique étant jeune, et je préférais m'attendre au pire! Depuis, j'ai évolué et changé de point de vue: encore une question de fréquence. Peut-être que j'ai juste eu de la chance jusque-là et que vous pensez que je fais presque du positivisme toxique. Mais est-ce que cela vous rend vraiment service d'imaginer le pire? Moi j'ai choisi mon camp: je ne fais pas l'autruche, je préfère juste imaginer tout ce qu'il pourrait m'arriver en bien. Pour moi, c'est moins anxiogène...





La peur de la nourriture

Dans un article précédent ( https://www.lyrides.fr/post/cancer-et-troubles-du-comportement-alimentaire ), je vous évoquais les troubles du comportement alimentaire que j'avais développés suite à mes chimios.

Je peux vous dire désormais que j'ai repris un comportement alimentaire quasi normal (à 90% à peu près). La relation à mon corps, c'est autre chose, mais au moins je m'alimente comme avant (hors semaine de chimio, bien sûr).


Comment j'ai fait? Encore une fois, question de routine! J'ai essayé de coller au maximum à ce que je mangeais avant en me demandant si j'aurais agi comme ça ou non. Cela me demandait une grosse somme de réflexion quand j'avais l'impression d'avoir un comportement alimentaire déviant, mais au fur et à mesure, j'ai réintégré mes habitudes.


Et puis, ce qui m'a beaucoup aidé, ça a été de me renseigner aussi sur ce qui est bon ou non dans le cadre d'un traitement de chimiothérapie. Non, parce qu'on en entend quand même des vertes et des pas mûres sur ce qu'on devrait manger ou non (venant de personnes souvent pas concernées par ailleurs). Cela ne nous aide pas du tout, et cela induit une psychose vis-à-vis de certains aliments. Au final, est-ce que j'ai changé beaucoup de choses? Pas tant que ça. Mais il a fallu beaucoup de recherches dessus! Surtout que, malheureusement, on ne trouve pas beaucoup de ressources fiables et à jour en français sur le sujet. Il faudrait d'ailleurs que ça change, car il me semble qu'une prise en charge holistique aiderait beaucoup de patients, non?



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