Mon corps et moi

D'adolescente à jeune adulte: le début des complexes


Mon corps et moi, ça a toujours été un peu "je t'aime, moi non plus"...

Globalement, je me suis toujours sentie plutôt bien, mais, comme beaucoup de personnes j'imagine, des petits complexes se sont installés à l'adolescence et ils ne m'ont jamais vraiment quittée.

Comme beaucoup d'adolescentes (malheureusement), je me suis toujours trouvée un peu trop grosse, pas beaucoup, mais juste un peu. Qu'on se le dise, j'ai toujours été une bonne vivante: j'aime manger, j'aime boire, j'aime la Junk food de temps à autre. Du coup, avant chaque départ en vacances, je faisais toujours un petit peu attention à mon alimentation et je me nourrissais beaucoup de thon et de tomates. En plus, j'aimais vraiment ce plat et c'était rapide!

A contrario, je suis également complexée par ma poitrine: je ne trouvais pas mon bonnet B très généreux (souci peu compatible avec un régime, on est bien d'accord). Mais comme les industriels du textile ont également ce problème à coeur, il est assez facile d'y remédier avec un push-up plus ou moins gros!

Par ailleurs, c'est à l'adolescence que je découvre le point fort de ma silhouette: mes jambes fines et assez longues attirent les regards. Du coup, je détourne facilement l'attention de mes complexes en dégainant mon nouvel uniforme: mini-jupes et talons hauts, en essayant de ne pas trop verser dans la vulgarité (!)

Avec tout ça, comme je l'ai mentionné, je me sentais plutôt bien. Même si à cette époque, je dois bien reconnaître que je pratiquais du sport pour des préoccupations purement physiques, et le côté bien-être de la chose m'échappait un un peu. Pas grave, cela aura permis d'ancrer de bonnes habitudes en moi!


La photo du drame



Mon plus gros complexe à ce jour naîtra de cette photo: la taille de mes hanches.

A notre retour de vacances de l'Ile Maurice, mon ex s'était acheté le logiciel Photoshop pour se débarrasser des touristes sur nos photos de vacances. Sauf qu'un après-midi, je le surprends à rogner ce bout de hanche qui fait un pli. Avec du recul, je me trouve très bien sur la photo et j'ai appris deux choses fondamentales: la pose fait que bien évidemment mes hanches sont mises en valeur; et je connais désormais ma morphologie: j'ai la particularité d'avoir une taille très fine, ce qui fait forcément ressortir mes hanches.

Sauf qu'à 23 ans et à l'ère des Paris Hilton anorexiques, je vis cela comme une humiliation doublée d'une révélation: il a raison, et mes hanches sont affreusement grosses! Et j'ai beau avoir mûri depuis, c'est quand même quelque chose à laquelle je fais toujours attention dans mes tenues. Et c'est pour ça qu'encore aujourd'hui, j'ai du mal à porter des robes longues et moulantes...

Je vous rassure, je ne l'ai pas si mal vécu que ça et je ne suis pas du tout tombée dans des troubles alimentaires, mais c'est quelque chose qui m'a néanmoins marquée.


PMA, grossesse et prise de poids

Bref, quelques années plus tard, je me sépare de l'ex en question et prends quelques kilos suite à des soirées un peu trop arrosées. Mais tout ca se tasse bien vite et je retrouve rapidement mon poids de forme, à savoir 52 kg. Je l'appelle vraiment mon poids de forme, parce que c'est un poids que je maintiens naturellement, dans ma vie ponctuée de nourriture saine la semaine et petits excès en tous genre le week-end.


Ce poids, je le maintiendrai jusqu'à notre voyage de Noces, qui marquera le début de nos essais bébés.

Malheureusement, cela ne se passera pas comme prévu et nous serons renvoyés à la case départ, sans toucher 20 000 euros. Par contre, j'aurai gagné 3 bons kilos suite aux nombreuses injections et aux traitements hormonaux. Cela ne semble pas grand chose 3 kilos, mais je m'épaissis au niveau de la taille et de mon ventre - toujours tristement vide. On me dit que cela ne se voit pas, mais je me sens clairement à l'étroit dans mes vêtements qui me serrent.




Ces kilos étaient d'autant plus durs à accepter qu'ils ne débouchaient sur rien.

Mais enfin, en novembre 2017, la roue tourne et notre petit blastocyste s'installe définitivement dans mon ventre. Et là, commence le début de la prise de poids de grossesse.

Alors autant je n'ai pas aimé les débuts où on a juste l'air grosse, autant quand le ventre commence à s'arrondir, ça devient nettement plus sympa, et je me suis sentie parfaitement épanouie à partir du moment où ça se voyait vraiment.

Malgré deux semaines consécutives où j'avais pris un kilo par semaine et où j'avais un peu paniqué (attends, il reste combien de semaines d'ici la naissance?), je fais partie de ces femmes qui n'ont pas pris tant de poids que ça. J'avais pris 10 kg (en plus des 3 de PMA, suivez s'il vous plaît) et j'en ai perdu un la toute dernière semaine, à coup de gaufres et de pains au chocolat à chaque contrôle de dépassement de terme (la boulangerie à côté de la clinique faisait les pains au chocolat les plus divins du monde, j'en salive encore!). A ce jour, je n'ai toujours pas compris cette perte de poids, qui reste un grand mystère...




Finalement, j'accouche d'un petit sumo de 3kg800, qui veut toujours les bras et qui ne me laisse pas manger, et je perds tout le poids de grossesse (mais toujours pas de PMA, précisons) la première semaine.

Est-ce que je me sens bien dans mon corps à ce moment? Que nenni! Mon corps ne ressemble à rien et toucher mon ventre flasque et vide me dégoûte.

Il me faudra une bonne année (avantage d'accoucher au mois d'août) pour récupérer un corps qui me plaît. Mais au cours de cette année, je me surprends à entretenir beaucoup de bienveillance envers lui. Malgré tout, je l'aime et je lui suis reconnaissante d'avoir réussi à créer la merveille qu'est mon fils, car c'était pas gagné! Et pourtant, notons bien que toute cette histoire m'aura fait perdre une taille de bonnet et que je dois renouveler tous mes dessous en taille A! Cela m'affecte peu, même si je garde à l'esprit l'idée de me faire refaire la poitrine.


Chimiothérapie, perte de poids et acceptation de soi



Je retrouve peu à peu mon poids de forme de 52kg et je me sens au top, même si, encore et toujours, je me disais que je serais encore mieux à 50kg.

Et là, bingo, dès la première chimio, je tombe à 49kg. Sauf que je me trouve pas top du tout! Au contraire, je trouve mon buste assez décharné et l'écart entre mes cuisses commence à dangereusement se creuser. Au fur et à mesure des cures, je vois mon corps maigrir et je ne trouve pas cela spécialement joli.

Mais, vous savez quoi? Je l'accepte. Je me trouve maigre, c'est un fait, mais je n'en fait pas un problème. Je sais que ça va de paire avec la maladie et je le réapprivoiserai plus tard. Chaque chose en son temps.

Par contre, attention... Accepter ne signifie pas se résigner. J'essaye tout de même de limiter la casse en prenant soin de lui et en le nourrissant de bonnes choses... et d'un peu moins bonnes parfois, comme toujours.

En tout cas, je reste bienveillante avec lui car, encore une fois, je sais qu'il est capable de se régénérer et de me guérir.

Par contre, ce que cette expérience m'a apprise, c'est que cela m'a passé l'envie de me faire refaire la poitrine. J'ai trop souffert de la cicatrice de ma première biopsie et de la pose du PAC pour m'infliger des souffrances volontairement. Le bonnet A me va bien et je préfère m'offrir de belles vacances qu'une nouvelle paire de seins finalement!

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